Interview condAnsé : des essais cliniques au voyage solo, tu nous éclaires Anne-Claire ?

Elle quitte son job, part trois mois en Asie, seule. Elle a du cran. Danseuse et surfeuse amateur, Anne-Claire nous raconte son histoire. Récit atypique d’une femme en mouvement.



Des hauts et des bas, on en a toutes. Il y a 9 mois, Anne-Claire a choisi de quitter son emploi. Un défi audacieux et inconfortable. Chef de projet d’essais cliniques pour des laboratoires pharmaceutiques, passionnée par son métier, un changement de management la confronte à une hiérarchie étriquée, sans éthique. D’une nature entière et empathique, Anne-Claire a tenté des solutions simples comme le dialogue, l’intérêt et la productivité des équipes, le bon sens. En vain. Le malaise s’installe, l’incompréhension et la déception la rongent, la souffrance au travail est une donnée avec laquelle elle ne veut plus composer. Elle le sait, elle quitte un bon salaire, des avantages, une équipe qu’elle apprécie, et tourne une page. Elle veut juste se poser, réfléchir à travailler autrement, contribuer et donner du sens à sa vie professionnelle. Et puis elle décide de partir 3 mois, seule, en Asie. Elle n’a pas d’objectifs précis, elle souhaite juste tenter l’expérience, avoir du temps pour elle, s’offrir une parenthèse.

Le grain de sable dans l’engrenage

« J’avais une vraie responsabilité de coordination clinique, d’encadrement des équipes, j’endossais le rôle de chef d’orchestre en m’assurant que tous les corps de métier coopèrent et communiquent de façon transparente, j’étais le lien entre le client et mon équipe ». Sa principale qualité ? Considérer l’esprit d’équipe comme un élément sans lequel il est impossible de composer sainement, utiliser la dynamique de groupe, trouver des compromis justes entre l’intérêt du client et le confort de l’équipe souvent pressurisée par des délais courts et des enjeux budgétaires importants. Anne-Claire aime travailler sur des projets qui ont du sens pour elle, comme la recherche de traitements pour les maladies rares par exemple.

Mais une faille managériale sera le grain de sable qui enrayera la machine. Un projet compliqué lui est délégué, faute de savoir-faire de sa hiérarchie. Un directeur angoissé la harcèle de reporting incessants et chronophages, elle relève le défi, la tête dans le guidon pendant 8 mois. Mais une fois le projet abouti, le harcèlement continue de façon totalement injustifiée. Ressentant la nocivité de la situation comme un poison jusque dans son plexus solaire, Anne-Claire alerte sa manager, hélas de marbre et passive. Elle perd toute motivation, délaisse ses cours de danse qu’elle adore, et s’entend dire qu’elle est aux portes du burn out. La sonnette d’alarme retentit dans sa tête et sans vraiment en saisir la finalité, Anne-Claire pose les premiers actes de ce qui mènera à son départ. Son entourage lui révèle concrètement la situation usant de termes lourds de sens : risques psycho socio professionnels, détérioration des conditions de travail, anxiété, souffrance au travail, atteinte à la liberté d’exercer ses fonctions. Elle trouve également du soutien en s’intéressant au développement personnel et auprès de l’AVARAP (Association pour la valorisation en relation avec les professionnels) qui propose un réseau d’entraide pour l’évolution de carrière des cadres. En juillet 2017, elle négocie enfin une rupture conventionnelle de contrat de travail et quitte son job. Elle aura tenu 2 ans sous la pression d’une hiérarchie dont elle dénonce le manque cruel de vocation pour le management et l’absence du sens des responsabilités.

Changer de cap

Anne-Claire pense qu’elle a besoin d’un break d’un ou deux mois et profite de la période estivale pour se détendre. A la rentrée, elle réalise qu’elle ne se sent pas prête à replonger dans le monde du travail. Une de ses amies revient enthousiasmée d’un voyage en Asie et le récit de ces aventures ouvre une petite fenêtre dans son esprit. L’idée de parcourir l’Asie du Sud-Est en solo pendant 3 mois la séduit autant qu’elle l’effraie mais tant pis, c’est un beau challenge dont elle a besoin maintenant. Carnet de route : Thaïlande, Laos, Cambodge et Vietnam. Voyager seule est inconfortable pour elle. Elle s’y confronte dès le début de son voyage, en Thaïlande. Elle enchaîne les visites la journée, s’adapte rapidement au changement de cadre, de langues, de modes de vie, de mentalités, mais les soirées sont longues et le sentiment de solitude la rattrape. Au Laos, elle a un véritable coup de cœur pour la petite ville de Luang Prabang, plus authentique et moins urbanisée que les grandes cités thaïlandaises. Elle trouve la paix dans un décor de campagne, de rizières et de champs, et s’abandonne à la contemplation. Anne-Claire vient de lâcher-prise, c’est le vrai début de l’aventure et sans doute le sens de son voyage. Vivre l’instant présent, être libre, se nourrir de rencontres avec les locaux, partager un bout de chemin avec des gens de passage comme elle. Elle apprécie désormais ses moments de solitude et réalise qu’à trop vouloir combler son espace-temps en cherchant constamment à s’entourer, on perd la relation à soi. Il est en effet des dialogues intérieurs qu’il faut parfois entretenir et force est de constater que notre culture occidentale ne nous enseigne pas cela. Au Vietnam, elle visite les hauts plateaux du nord du pays à moto. Emplie de liesse, elle savoure ce que la liberté lui offre et s’enivre d’une nature lui révélant des paysages dépassant toutes ses attentes. Elle trouve l’équilibre parfait entre la compagnie et la solitude et rentre en France avec un sentiment d’accomplissement, de défi relevé, de croissance personnelle. Déterminée et exigeante avec elle-même, elle se donne les moyens de réaliser ses objectifs et ses ambitions, et ce voyage en est une preuve supplémentaire.

La danse : une valeur sûre

La première habitude que reprend Anne-Claire à son retour, avant même d’avoir complètement récupérer du décalage horaire, c’est de se rendre à ses cours de jazz. Elle se souvient avoir eu l’envie d’apprendre à danser dès l’âge de 5 ans. Les caprices de l’adolescence lui font quitter les chaussons mais elle y reviendra plus tard. Pour elle, la danse est un exutoire, un équilibre. Elle trouve du plaisir dans l’effort, se nourrit de la force du groupe, s’inspire de la musique et de la démarche artistique, et se réalise dans l’implication et l’engagement, qualités inhérentes à la pratique de toute danse. Ce travail sur la durée, elle en voit les fruits lorsqu’elle mesure sa progression, ou lorsqu’elle se challenge à danser sur scène. Ses rendez-vous hebdomadaires lui permettent également de mettre des limites à son travail. Avant que sa situation professionnelle ne se dégrade, Anne-Claire mettait un point d’honneur à assister à ses deux cours hebdomadaires, quelle que soit sa charge de travail. Elle en a chaque fois constaté une rentabilité efficace en termes d’énergie et de productivité. S’aérer la tête, prendre du temps pour soi, bouger, se faire plaisir ont toujours fait partie de son équilibre. Le surf, son autre passion, lui permet de se ressourcer, d’être en lien avec la nature et de se retrouver entre amis à partager des expériences.

Anne-Claire est en pleine reconversion professionnelle. Elle qualifie ce tournant de cheminement, de transition et cite les lectures qui l’ont aidée à prendre conscience de ce changement de direction (« Maintenant ou jamais » de Christian Fauré). Sensibilisée à la sauvegarde de la planète en général et des océans en particulier, elle se questionne encore beaucoup sur ce que sera sa nouvelle vie. « Quand je me sens mal et que je ne sais plus où aller, ni vers qui ou quoi me tourner, la danse est toujours là pour me tenir debout, c’est mon roc immuable et solide ». De cette rupture dans son parcours professionnel, elle perçoit que la fin d’un cycle implique le début d’un autre. La rupture permet la création et la reconstruction, et c’est un choix courageux. S’écouter, se faire aider et ne pas s’isoler sont de véritables garde-fous dans ce type de démarche. Son moteur ? La réalisation de soi, aller vers ce qui lui correspond le mieux, ce qui a du sens pour elle. Cela a commencé par le simple fait de diagnostiquer une situation toxique et de poser des actes pour y remédier. Définir ce qu’elle ne tolère plus la conduit aujourd’hui à clarifier ce qu’elle désire réellement et c’est un immense pas en avant aux lendemains prometteurs.

 

Et vous, quelles sont les choses que vous ne tolérez plus ?


Cet article vous a plu ? Peut-être aurez-vous envie de télécharger mon livre gratuit sur « les 5 réflexes super simples pour réduire le stress + les 5 secrets de danse » ?

Cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement.

A très vite !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *