Story d’élève : comment Katia a surmonté le burn out ?

Quand je vois Katia danser, je vois une femme libre, assumée et heureuse. Pourtant, elle a subi le burn out il y a encore quelques mois. Elle m’a confié son histoire et sa transformation.  

« Je n’y retournerai pas ».

Ces mots se sont imposés à elle comme une certitude, une conviction profonde provenant de l’intérieur.

Un soir de janvier, Katia rentre chez elle épuisée par une nouvelle journée de travail longue de 12 heures. Elle est la seule assistante d’un cabinet de 7 avocats réunis. Elle connaît les 300 dossiers sur le bout des doigts, telle une Erin Brockovich relatant chaque affaire à la virgule près.

Son cerveau fait office de bibliothèque, une immense salle d’archives rassemblant toutes les pièces des dossiers : dates, chiffres, lieux, noms, faits, chefs d’accusation, état d’avancement des affaires, jusqu’aux factures honorées ou non.

Ce soir-là, un malaise étrange s’empare de Katia, une vague sournoise monte incidemment, qu’elle décide d’évacuer par le sommeil. Mais la vague persiste et se transforme en cauchemar. Une masse noire veut l’attraper, l’écraser, l’étouffer. Katia se sent partir, sent son cerveau brûler, se désagréger, s’éteindre. Elle dira que c’est sa fille, associée dans son rêve à une lumière blanche, qui la sauvera au moment où elle se résignait à disparaître dans les ténèbres.

A son réveil brutal, ces mots : « Je n’y retournerai pas ».

Puis d’autres : Burn-out. Surmenage. Charge mentale. Pression. Manque d’effectifs. Déshumanisation. Dévalorisation. Katia a beau être la mémoire du cabinet, la nouvelle équipe d’avocats fraîchement recrutée la laisse œuvrer seule dans une petite pièce sans fenêtre. A 50 ans, on la sermonne comme une débutante, on lui rajoute du travail inutile, on lui retire les tâches qu’elle aime le plus, et ce travail qu’elle aimait tant perd tout son sens.

Les signes avant-coureurs s’additionnent pourtant comme dans une mauvaise série. Défaillance ophtalmologique, hystérectomie, bruxisme (grincement des dents), son corps lui crie ce qu’elle ne veut pas voir, et se coince, se crispe, se noue en dedans. Katia entend le message cette fameuse nuit, et en ressent toutes les menaces.  Les effets secondaires ne tardent pas à apparaître : pertes de mémoire, agoraphobie, crises d’angoisse, mal-être.

Elle trouve la force de rebondir en acceptant cet état transitoire comme un fait, puis en réalisant un 1er mouvement intérieur, un 1er pas : une « simple » décision. Stopper la machine infernale. Reprendre possession du corps, réapprécier les petites choses, prendre le temps.

Elle négocie une rupture conventionnelle avec son employeur et  entame les 6 premiers mois de sa nouvelle vie à l’air libre, dehors dans son jardin. Plantes, fleurs, elle s’improvise paysagiste, et répond au besoin de recréer un environnement extérieur apaisant. Elle réapprend à admirer le soleil, sentir le vent, les odeurs, la pluie, toucher la terre, respirer. Puis elle réaménage son espace de vie en s’inspirant du Feng Shui.

Enfin elle réinvestit son corps, son habitat intérieur. Elle essaie le yoga, court de temps de temps, mais elle aime surtout danser. « C’est vital pour moi. Mes parents étaient danseurs, j’ai grandi dans une famille où on aimait écouter de la musique et danser. J’ai l’impression d’avoir 20 ans quand je danse, et c’est d’autant plus naturel pour moi que j’aime mon corps, je crois que la danse aide beaucoup à cela ».

Laure : Qu’est-ce qui a changé pour toi ?

Katia : J’écoute mes envies sans raisonner. La femme à l’esprit cartésien et parfaitement ordonné a laissé place à quelqu’un de beaucoup plus libre, pas toujours acceptée par son entourage. A croire que les gens heureux dérangent. Mais j’ai appris à me détacher du regard des autres, à vivre pour moi et à me faire plaisir. J’en suis d’autant plus utile à ma famille parce que j’ai retrouvé l’envie, l’énergie, la confiance, et je me sens capable de tant ! Quelque chose a bougé en dedans.

Laure : Concrètement comment ce mouvement s’est-il matérialisé dans ton quotidien ?

Je me suis découvert des talents que je ne soupçonnais pas. J’ai créé une micro-entreprise pour ma sœur médium, qui rêvait d’ouvrir son cabinet. En quelques semaines, j’avais rédigé les statuts et trouvé le local. J’avais une énergie débordante. J’ai attiré à moi des personnes intéressantes, bienveillantes avec qui j’ai développé de vraies relations enrichissantes. J’ai retrouvé un travail auprès d’une petite structure où je sens que j’ai une vraie expérience à apporter. Je ne subis plus aucune situation, je fais des choix conscients. Et même si j’apporte du soutien à mes proches, je sais aussi mesurer l’énergie que je leur donne.

Laure : Quels sont tes projets ?

Katia : J’aimerais animer des ateliers sur le burn-out. Je vois trop de personnes en détresse, complètement perdues suite à cette rupture brutale. J’aimerais leur dire que cette période déroutante peut être le point de départ d’une nouvelle vie. Cette expérience a été pour moi le révélateur d’un disfonctionnement dans ma vie et dans la façon de me traiter moi-même. Si l’on accepte de voir le message caché derrière le « trauma », alors on peut littéralement transformer les choses et tout devient différent.

Laure : Que conseillerais-tu à quelqu’un qui ne va pas bien ou qui se sent sur le point de basculer dans le burn-out ?

Katia : Je dirais de ne pas attendre le point de non-retour (même s’il y a toujours un retour, c’est juste plus ou moins long selon le tempérament des personnes). Arrêtez-vous. Faites une pause. Prenez le temps qu’il vous faut pour faire le point sur ce qui ne va pas, sur ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas/plus. Il y a toujours des solutions.

Et puis je conseillerais de revenir à des choses simples comme le retour à la nature, les activités créatives, l’activité physique (faites de la danse ! lol !!!), des choses que vous aimez et qui vous apportent du bonheur simple et de l’enthousiasme.

 

Merci Katia d’avoir partagé ton histoire. Au plaisir de te revoir danser bientôt !

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