Comment la danse nous transforme-t-elle ?

Je réponds ici à quelques questions qui m’ont été posées dernièrement sur le lien entre la danse, les émotions et le mental.  

Comment la danse peut-elle nous aider à maîtriser notre stress au quotidien ?

Qu’est-ce que le stress sinon une énergie issue d’une projection de notre mental ? Ce mental qui anticipe une situation inconfortable et donc forcément génératrice d’angoisse puisque notre cerveau déteste l’inconnu et l’inconfort ?

Faire diversion avec la danse

Avec la danse, nous ne faisons rien d’autre que faire diversion sur ce phénomène de projection mentale. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans le moment présent, dans le factuel, le « manuel », le concret (par exemple : je dois faire un pas en avant, suivi d’un tour, puis changer de direction etc.)

Ainsi, dans un premier temps, je monopolise mes capacités cérébrales pour mémoriser le mouvement, m’orienter dans l’espace, me caler sur la musique. J’invite mon cerveau et mon corps à travailler main dans la main. Je ne laisse ni le temps, ni la place à ce petit hamster vicieux (mon mental) de venir  polluer mon esprit en tournant dans sa roue comme un forcené. Je le laisse au vestiaire.

Comment la danse permet-elle de lâcher prise ?

Dans la liste des serial-perturbateurs, mon ego – si bienveillant au demeurant – peut venir troubler ma belle intention d’apprendre à danser. Quand je me compare, quand je me critique, quand je focalise sur mes défauts alors que je suis dans un processus d’apprentissage et qu’il est normal de se tromper par exemple, je réinvite ce petit hamster qui redouble d’efforts dans sa roue infernale. Résultats ? Frustration, énervement, colère, découragement etc.

Ce que le corps expérimente, le mental le valide

Si je fais confiance à mon corps et que je lui laisse le temps de mémoriser et de sculpter le mouvement que je cherche à faire, le stress ou les émotions négatives disparaissent. Pourquoi ? Parce que le corps prouve au mental qu’il est capable. L’énergie dépensée dans le mental (ou l’ego) diminue au profit de l’énergie purement physiologique, autrement dit quand le corps s’exprime, l’énergie et la pensée sont connectées.  C’est alors que nous progressons, que nous ressentons du plaisir en libérant les fameuses hormones du bonheur : sérotonine et endorphine.

Que travaillons-nous en danse de spécifiquement productif par rapport à d’autres disciplines sportives ?

En danse, nous utilisons la musique, nous ajoutons ainsi une dimension artistique au mouvement. La danse n’est pas un sport, c’est un art. Tout le monde connait les bienfaits de l’art sur le corps, l’esprit et les émotions, nul besoin de le rappeler ici. La musique nous parle, nous envoie des vibrations, nous connecte à quelque chose de très intime.

Les notions d’axe, d’alignement, d’équilibre, de fluidité, de flexibilité, de coordination des mouvements – fondamentales en danse – s’inscrivent dans le corps, et comme énoncé précédemment, ce que le corps intègre, le mental le valide.

Faire un pas est un acte en soi, c’est faire un choix. 

La danse et les entrepreneur(e)s

Comment la danse peut-elle aider les entrepreneur(e)s à mieux gérer le stress et à être plus performant(e)s ?

Les entrepreneur(e)s sont des personnes qui s’engagent dans un processus de changement et de création. Si l’entrepreneuriat peut faire rêver sur le papier, il n’en reste pas moins un choix difficile qu’il faut à mon sens incarner pour lui donner une chance de se matérialiser.

Le maître mot de l’entrepreneuriat ? A.C.T.I.O.N

Faire un pas, puis un autre et puis encore un autre. Apprendre une technique, la pratiquer, l’appliquer. Développer des compétences multiples et savoir les coordonner, rebondir face à un obstacle, recommencer. Et bien-sûr, y trouver du plaisir, aimer le chemin, apprendre de chaque erreur, comprendre ce que l’on doit corriger.

C’est ainsi que je travaille avec les femmes entrepreneures tous les lundis matins dans les Matinales condAnsé.

J’inscris dans mon corps l’exigence nécessaire pour préserver mon énergie et atteindre mes objectifs, sans oublier d’y prendre goût, même s’il y a évidemment des jours avec et des jours sans; nous sommes dans la vraie vie !!

Notre énergie parle de nous

Notre énergie nous présente avant même que nous ne parlions. Il y a de l’intention dans une attitude ou dans un geste. Et l’intention est une énergie puissante.

Si je dois défendre un projet et que je me sens crispée ou paralysée dans mon corps (par la peur par exemple), cela se voit, se sent et se transmet. L’énergie que je vais envoyer à mon auditoire (prospects, investisseurs par ex) sera l’énergie d’une personne qui manque d’assurance. Si je suis ancrée, posée, alignée, que ma posture est ouverte et axée, je me donne toutes les chances d’être entendue et convaincante.

Nous sentons la différence entre quelqu’un qui est passionné et animé par l’envie, et quelqu’un qui est volontaire et ambitieux. Parce que la passion et l’envie viennent du corps et que cela est inspirant et communicatif. Nous pouvons les traduire en sensations et en émotions (excitation, chaleur, énergie vitale, posture ouverte et alerte, joie, enthousiasme, etc.), alors que l’ambition et la volonté viennent davantage de la projection mentale.

Non pas qu’il ne faille pas être ambitieux, ni volontaire car ce sont deux grandes qualités bien-sûr, mais ce qui est intéressant avec le corps, c’est qu’il n’a pas d’ego. Comprenons par là que l’ego est un mécanisme de protection contre toute forme de souffrance (rejet, critique, regard des autres etc). Le rôle de l’ego est d’assurer notre « survie » en résonance avec notre héritage personnel (familial, culturel, sociétal etc).

Pensée directionnelle et pensée figée

Réaliser des mouvements parfois contre-intuitifs initie la pensée à suivre de nouveaux chemins. Cela crée une  posture neuve, une nouvelle habitude dupliquable dans toute situation. Nous canalisons l’énergie sur la solution, le plan B, et non sur le problème. Autrement dit nous nous orientons vers une pensée mouvante, directionnelle et non une pensée figée, statique.

Parfois la marche paraît trop haute (parce que le mental le dit) et certaines émotions viennent parasiter et freiner la personne, mais cela a le mérite de provoquer des prises de conscience. Persévérer, c’est faire l’expérience de la progression et du changement d’énergie. 

Le pouvoir de fédérer

Danser en groupe tisse des liens, d’autant plus avec des personnes qui sont dans une même démarche de changement, de renouveau (création d’entreprise, transition professionnelle, personnelle etc. ). L’échange pendant et en-dehors des cours est porteur et fondamental pour moi. 

Nous évoluons dans la même énergie, nous convoquons le corps pour nous ancrer dans notre posture et nous engager dans un processus qu’il est important d’aimer .  

Par exemple, dans les matinales condAnsé on me pose souvent la question  du rapport entre la danse et le business. Pour moi, il s’agit de « faire corps » avec son business, de l’incarner, d’inscrire en soi  une discipline « aimable », et d’aller chercher dans son histoire les messages que l’on souhaite transmettre à sa cible. 

Certaines réponses sont dans notre corps, notre ADN, notre singularité, et c’est un concept intéressant qui démystifie la peur de la concurrence, car  nous sommes tous uniques, nous donc pouvons travailler sur un même marché mais de manière totalement différente, en relation avec notre histoire personnelle.

Danser nous mène au cœur de nous-mêmes et change notre relation au monde. 

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